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Le goûter entre amis

Vérifiez votre courrier, vous avez certainement reçu l’invitation pour le goûter cette semaine. Participez, chaque semaine au goûter entre amis. Rencontrez de nouveaux amis, et puis accueillez-en d’autres chez vous. Échangez avec eux, parlez de vous, écoutez les. Et restez amis…


Les regards se tournèrent vers Franck.
Ce dernier déposa sa cigarette dans le cendrier. Il se passa la main dans les cheveux et reprit son récit au point exact où il l’avait laissé avant l’arrivée de Pat.

— …Et donc, quand ils m’ont dit qu’ils voulaient changer le système de sauvegarde, poursuivit-il en grimaçant, je leur ai dit de faire comme chez Silex. Au diable les sauvegardes ! Il suffit d’avoir un peu de jugeote, et de la mémoire.
— De la mémoire vive ? demanda Denis en trempant un cookie dans son café.
— Oui, confirma Franck. RAM, tout a fait. (Il s’interrompit pour rire doucement.) Toujours est-il que Léonard Garth, le chef de service, a prétexté que la perte des données avait été fatale à Silex. Je crois qu’il se trompe. Il n’est pas plus malin qu’un autre.

Denis et Kyle opinèrent. Ted s’en foutait royalement. Sonia écoutait poliment mais n’intervint à aucun moment. Pat n’y comprenait pas grand-chose. Il avait raté le début du récit de son ami et il avait les jambes trop lourdes d’avoir couru contre le temps pour se fatiguer à prendre le train en marche. Apparemment, à ce qu’il crut y comprendre, Franck travaillait dans une firme rivale de Silex corp, gérant de parcs nucléaires privés. Après…

Discrètement, il observa autour de lui. Sonia, du coin de l’œil. Charmante fille. Jolie rousse dont les yeux bleu clair se tournèrent brusquement vers lui. Pat détourna aussitôt le regard. Elle l’avait vu ! Il regarda ailleurs : charmant aussi l’intérieur de Denis qui, si l’on se fiait aux apparences, aimait certainement recevoir ses amis chez lui. Il possédait des meubles couverts de livres, des boiseries cirées percées de portes et de fenêtres, des lampes sur pied, un fauteuil Louis XIX (semblait-il) et des bouquets fleuris dans chaque coin de la pièce. Tapisseries, lustres, rideaux, comme neufs. Un abat-jour recouvrait avec coquetterie la moindre ampoule. Dans le fond de la pièce, un écran holographique diffusait une vue fixe et presque statique d’une merveilleuse forêt. Tout était impeccable. Ni crasse ni poussière. Aucune odeur douteuse.


Commentaire :

Parce que la SF ce n’est pas que des vaisseaux spatiaux ultra-luminiques et des dérivateurs temporels mnémoniques, cette histoire très anglaise, pour l’heure du thé, vous donnera peut-être envie d’une langue de chat et d’un cappuccino.


Retrouvez cette histoire dans le recueil Les éléphants gris d'Europe et d'Amérique

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42 pages
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Version électronique : 1 €

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