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Les grands crocodiliens

Une invasion sanglante menace l’Humanité…


Les grands crocodiliens étaient arrivés à bord de leur gigantesque ovni dont l’approche était passée inaperçue jusqu’à son amerrissage au milieu du Pacifique. Il était tellement grand, tellement beau et tellement brillant qu’il fut d’abord confondu avec le Soleil, ou avec un étrange et inexplicable reflet de celui-ci. En se rapprochant, car il se rapprochait sans que personne ne s’en inquiète, de nombreux détails apparurent, et il ne fut plus permis de douter de sa véritable nature. C’était un vaisseau spatial, transportant sans doute une armée d’invasion.
Un message en émana après qu’il se fût posé sur les flots, un message qui résonna à travers le monde entier : « Grako grologra gargor* : »
Cela fut traduit et compris plus tard, malheureusement.

Ces mots ne plurent pas du tout au grand chef de la Défense Planétaire, le Général Scrooge Merryweather. Sur son ordre, l’armée lança toutes ses forces dans une bataille qu’elle perdit le soir même.
Les grands crocodiliens n’avaient pas pris la peine d’étudier le moindre langage terrestre, aussi personne ne comprit vraiment leurs intentions pacifiques.
Leur physique trahissait franchement ces intentions pacifiques. Ils se présentaient comme de grands crocodiles féroces, debout sur leurs petites pattes arrières, revêtus d’élégants uniformes rouge et or, et sur leur long museau huileux serti de dents acérées ils portaient généralement une paire de lunettes noires, accessoire qui leur conférait un air plutôt relax.
Plus grands, plus forts, plus intelligents que les humains, ils les dominèrent naturellement. En 2026 fut proclamé le Concrodilat, gouvernement mondial des Grands Crocodiliens.

(...)
Quelques mois plus tard, il restait en effet très peu d’êtres humains à ne pas porter les séquelles d’une rencontre malencontreuse avec un crocodile. Une bête féroce, pouvant surgir de n’importe quel coin de rue, contre laquelle il ne pouvait se défendre qu’en fuyant. Il était formellement interdit de lever la main sur un crocodile, sous peine de subir les pires réprimandes de leurs protecteurs de l’espace. Bras amputés, jambes arrachées, thorax à demi dévoré... Même aux plus belles femmes il manquait désormais quelque chose.
*Nous venons en paix.


Commentaire :

Comme un chat qui débusque un mulot et qui s’en amuse sans arrière pensée, les grands crocodiliens sont venus jusqu’à notre terrier, ils nous ont débusqué et sans arrière pensées, ils s’amusent de nous.


Retrouvez cette histoire dans le recueil Les grands crocodiliens

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20 pages
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Version électronique : 1 €

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